Home » Informatique » Avoriaz 90 de bons petits diables

Pas de neige mais beaucoup de soleil, pas de chefs-d’œuvre, mais une sélection honnête, le Festival d’Avoriaz cherche son second souffle dans l’étrange. Les diables ont remisé leurs tronçonneuses. Pour quels cauchemars de plus ? Suivez le guide…

AvoriazPriorité à l’étrange, mort aux productions trop sanguinolentes. C’est la nouvelle donne du Festival du film fantastique d’Avoriaz à l’orée des années 90. Au-delà de cette restriction sans réel fondement, nous avons eu droit à notre dose d’étrange du 13 au 21 janvier dernier. Étranges ont été les engelures qui ornaient les petits petons des festivaliers forcés d’attendre une heure à Thonon devant un buffet alléchant; étrange la bataille rangée pour participer à la projection d’ouverture ou pour manger une huître lors d’une soirée organisée par un «grand restaurant» parisien ; étrange le nouveau colloque inutile ayant pour thème «quel scénario pour le cinéma européen?»; étrange encore l’accueil «trop commerçant» de la fameuse discothèque où tout le monde se précipite ; étrange enfin le départ précipité de Ray Bradbury et de Bo Derek (question de gros sous?), éminents membres du jury, et le palmarès de ce 18e festival qui ne restera pas dans toutes les mémoires… Heureusement, Avoriaz est l’une des plus belles stations des Alpes malgré le manque de neige, les animations et la «mise en boîte» de la manifestation ont été à la hauteur (un écran géant, une superbe tente-village, la chaîne de télévision 8-Mont Blanc couvrant l’événement, etc.), et la programmation nous a réservé quelques agréables surprises. Passons rapidement sur des sons sur des films ennuyeux tels que «Les poissons morts» (prix de la commission supérieure technique, ah bon!), «Dans le ventre du dragon», «La banyera» ou «La femme du marchand de pétrole» (grand prix de l’étrange, étrange), productions qui auront du mal à trouver un distributeur en France, à juste raison. Mention passable pour des films déjà sortis en salles comme «Leviathan », remake, scène pour scène, d’«Alien» .dans l’univers d’«Abyss» ; «Simetierre», une adaptation très correcte du roman de Stephen King, mais une mise en scène douteuse; «Embrasse-moi vampire» ou une superbe prestation de Nicolas Cage dans une histoire ridicule ; et «3615 code Père Noël», film malsain qui a échappé à l’interdiction aux moins de treize ans par complaisance. Dans un registre supérieur, retenons «Appel d’urgence» ou une version rondement menée d’alerte guerre nucléaire ; «Adrénaline», film à sketches (voir chronique); et «Baby blood», un bon premier film français bien sanglant. Au rayon révélations de choix, on a pu admirer I «Tom et Lois» (pas de prix, I pourquoi?(, un beau conte . . , plein d’émotions; «How to get ahead in advertising», film anglais qui mêle avec bonheur humour et fantastique; «Shocker», un Wes Craven au suspense haletant; «Society», une critique acerbe de la jet set hollywoodienne ; «Lectures diaboliques» (grand prix mérité), habile mélange de quotidien et de surnaturel ; et enfin «Point de rencontre», une remarquable allégorie sur le passage de la vie à la mort et… inversement. Last but not least, le jury n’a pas voulu honorer Mike Hodges(«L’Irlandais») et son «Black rainbow», film admirable servi par l’immense talent de Rosanna Arquette (qui a illuminé le festival de sa présence quelques jours), de Jason Robards et de Tom Hulce («Amadeus»). «C’est à n’y rien comprendre», auraient pu s’exclamer les nombreux invités présents dont le toujours séduisant Tony Curtis. Mais laissons le mot de la fin à Estelle Hallyday, la femme du fils de son père et de sa mère, qui a déclaré avec brio : «Ça fait peur, mais ça fait du bien de temps en temps d’avoir peur». Inoubliable, non?

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