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Le plus ancien document connu qui atteste de l’existence de Ronchères est un « état de la chatellenie de St Fargeau » de 1220, écrit en latin, dans lequel Ronchères porte le nom de Ronchéria. Le village se trouve à la source St Fiacre, au croisement de deux voies très anciennes :
- La sente des bourguignons (Nord-Sud) par laquelle passait le ravitaillement en viande de Paris depuis le Morvan. Cette même voie était utilisée pour approvisionner Paris en poissons que les Moines de Montréal élevaient dans les étangs de Puisaye.
- Le chemin de la haie brûlée (Est-Ouest) reliait la Vallée de l’Yonne et celle de la Loire. Ce chemin aurait été emprunté par Jeanne d'Arc.
L’architecture est celle de la Puisaye. Elle utilise les matériaux locaux : argile dans la brique et la tuile, pièces de charpente en chêne, silex de rivière et cailloux en remplissage liés à la terre. Les enduits sont teintés d’ocre (extrait des mines locales il y a encore peu d’années). En soubassement, on trouve un grès ferrugineux. L’ardoise et la pierre blanche sont réservées aux constructions plus riches pouvant supporter le coût du transport de ces matériaux.
Ce petit village vit aujourd’hui principalement de l’élevage, de l’exploitation agricole et forestière, de l’artisanat et des métiers liés à la chasse. Ronchères est en Puisaye une commune rurale où il fait bon vivre.
Histoire :
Une période riche de l’histoire de Ronchères se passe pendant la Fronde. Mademoiselle de Montpensier est exilée à Saint-Fargeau. De nombreux opposants au roi se regroupèrent autour d’elle.
Monsieur Fleur de Rouvroy, prêtre janséniste de St Germain l’Auxerrois à Paris et frondeur, est nommé curé de Ronchères par Monseigneur de Caylus, évêque d’Auxerre, dès les premiers jours de 1730, pour échapper à la répression du cardinal de Fleury. Il reçoit les frondeurs et prêche la nouvelle doctrine janséniste. En ce lieu de calme parfait, au milieu des forêts de Puisaye, Monsieur de Rouvroy fait construire un hôpital, une école, un ouvroir (lieu où les dames bénévoles faisaient des travaux de couture pour les pauvres de la paroisse). Il installe des « solitudes » où viennent des grands noms de la noblesse française. Il reprend l’impression des « nouvelles civiles et religieuses », pamphlets contre le Roi édités, puis distribués dans Paris. Il est arrêté et enfermé au donjon de Vincennes pendant 23 ans. La doctrine janséniste (1640) est à l’origine de la représentation « Paradis de la Puisaye » (1679) peinte sur la voûte de l’Eglise de Ronchères puisqu’elle explique par écrit le nom des Saints et Saintes reconnaissables jusque là par des attributs connus des seuls initiés. Ce serait La Grande Mademoiselle qui aurait commandé à Louis ENAUT cette peinture murale. La pratique de l’enseignement aux pauvres pourrait avoir inspiré Pierre LAROUSSE lorsqu’il décide à Toucy la création et la publication de son premier dictionnaire.
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